Vendredi 15 décembre 2006
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Impressionnant tout au long du procès, le responsable de la mosqué d'Annecy trouvait vendredi le verdict «sévère». La cour d'assises de la Haute-Savoie venait de condamner les trois auteurs principaux de l'incendie de deux mosquées, le 5 mars 2004, à des peines de trois à cinq ans de prison ferme.
«Ce qu'ils ont fait est grave et nous attendions que la cour d'assises de la République le dise, confiait
Abdallah Ben Bentaleb. Mais c'est dur de savoir que des jeunes gens vont retourner en prison. Ils peuvent changer, ce sont des humains, ils méritent une autre chance.»
Les condamnés ne retourneront en réalité pas longtemps en prison. Avec les remises de peines, leur détention préventive couvre pratiquement ce qu'il reste à faire.
Michel Guégan prend la peine la plus lourde : cinq ans ferme. Abandonné à la naissance, il a été élevé par une famille d'extrême droite, dessinait des croix gammées à l'adolescence, avant de découvrir à sa majorité que son vrai père était arabe. Un demi-oedipe qui l'a plongé dans une sérieuse dépression. Gavé de littérature nazie, de références aux Waffen SS, il a été l' «idéologue» de ce dossier, selon les enquêteurs et l'avocat général.
Nicolas Paz, fils de pieds-noirs, passé de la «rancoeur» vis-à-vis des «Maghrébins» aux hooligans du PSG, a écopé de cinq ans dont quatre ferme, plus trois ans de mise à l'épreuve.
Anthony Savino, ex-caporal qui, enfant, a vu sa mère se suicider, prend cinq ans, dont deux ferme.
Un quatrième larron, «immature béat» selon le parquet, a été condamné à trois ans dont un ferme. Huit mois de prison avec sursis, enfin, pour un caporal qui connaissait les faits mais ne les a pas dénoncés. Et acquittement pour deux jeunes filles poursuivies pour les mêmes faits.
La veille, l'avocat général avait demandé cinq à neuf ans ferme contre les trois principaux prévenus. Marc Dufour, conseil de Paz, a salué la qualité de débats. Le président Philippe Busché, en laissant les accusés s'exprimer longuement, a permis de mieux comprendre à quel point des hommes bâtis sur des failles identitaires deviennent perméables au «racisme ordinaire, aux amalgames, présents partout dans notre société», selon Dufour.
Par Olivier BERTRANDLIBERATION.FR : vendredi 8 décembre 2006Annecy, envoyé spécial
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